COLLOQUE

Colloque organisé par le laboratoire (E.A. 4050) multi-sites "Recherches en psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social", le groupe de recherches "Actualités de la névrose et de l'angoisse" (Université Rennes2) et le groupe de recherches "traitement du corps et positions subjectives" (Université Catholique de l'ouest, Angers)

 

Responsables : David BERNARD (Université Rennes2  -   Alexandre LEVY (Université Catholique de l'Ouest, Angers)

Argument

"Passées les bornes, il y a la limite : à ne pas oublier"

Jacques Lacan, Télévision

 

     "L'illimité ! ", "No limit !", nous clament les voix publicitaires d'aujourd'hui, comme autant de promesses de jouissance où l'être parlant parachèverait ce rêve d'être enfin comblé, complet. Toutefois, les publicités ne sont pas seulement promesses, mais aussi "réclames", ainsi qu'on les nommait hier. Et que réclament elles ? "Toujours plus !". Paradoxe, pour qui se croyait comblé. Jacques Lacan aura structure atemporelle du surmoi, pour prendre appui sur son commandement féroce et obscène : "Jouis !". La femme et l'homme d'aujourd'hui seraient-ils alors sans limites ? Lacan y contredit, démontrant que la limite, autre nom de la castration, est en effet structural du signifiant, atemporel doc, et que la jouissance surmoïque était en fait, maline, une jouissance du manque...à jouir. Se payer l'iPhone7 est se payer le manque de l'iPhone8.

     Notre colloque aura alors pour visée d'ouvrir à cette clinique de la limite, sur le plan des symptômes subjectifs, et du lien social contemporain. En effet, une chose est de rêver de l'illimité, toute autre chose serait d'en faire l'épreuve. C'est même là le cauchemar type du névrosé : un pas de limites, où la juissance, toujours Autre, pourrait l'embarquer on ne sait où. D'où notre première question : si le capitalisme procède d'une tentative de forclusion de la castration, d'une mise au rancart du sexe, n'y a t'il pas aujourd'hui un retour de la castration sous les formes sexuelle et aux choses de l'amour ? Des différences seraient elles ici à faire valoir entre hommes et femmes ? Nous savons aussi que dans notre modernité occidentale, l'affect d'ennui est à proscrire, comme pour tenter d'éviter l'imaginaire de sa propre mort, éviter de penser sa propre finitude. Un impératif catégorique se dessine autour des "loisirs forcés" : "surtout, ne nous ennuyons pas !". Nous voudrions également questionner en quoi cette homogénéisation des jouissances, espérant en ce rejet de la castration, aura aussi des conséquences sur le plan du lien social. Lacan y aura souvent insisté, articulant le rejet du non rapport sexuel qui fonde le capitalisme, à l'égarement des sujets d'aujourd'hui autant qu'à leur rejet ségrégant des jouissances de l'Autre. De la limite, il sera donc aussi question dans la/le politique, pour ceux qui nouvellement connectés à l'Autre, ne s'inquiètent pas moins : "Tes où ?".

   

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Programme

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